NIMEGUE 2007

                                Les 4 jours de NIMEGUE 2007

Première participation.

Epreuve de marche la plus dure au monde, créée en 1908, d���une distance de 160 Kms, à parcourir en 4 jours, considérée comme le championnat mondial de marche, c’est bien 4 marathons en 4 jours qu’il faut négocier. 46000 marcheurs se sont inscrits cette année à cette épreuve, considérée comme un Paris Dakar, les compétiteurs sont venus du monde entier pour tester leur endurance.

Près de 7000 militaires regroupant 20 nations différentes ont fait partie de cette foule immense. L’équipe « France nation défense » avec 31 militaires dont 5 haut-rhinois ont porté les couleurs de notre pays pendant ces 160 kms.

 Ces 5 réservistes de la marine ont donc représenté avec fierté la ville de MULHOUSE.

 La logistique étant assurée par l’armée hollandaise, avec l’installation de postes de ravitaillement et de secours tous les 10 Kms, allant jusqu’à lancer un pont mobile de plus de 150 m sur le Rhin et un camp pour loger les 7000 militaires, leurs prestations allant du petit-déjeuner à 2 h 30 du matin jusqu’au dîner à 18 h étaient parfaites.

La condition physique devait être au rendez-vous, mais plus que tout le mental était soumis à toute épreuve car le dépassement de soi a été au programme. Après le 1er jour, 40 Kms sur le bitume avec un paquetage lesté à 10 kg + l’eau et la nourriture, nous nous posions des questions car ce sont des conditions très éprouvantes. Après 2 jours de ce régime d’endurance, nous savions exactement à quoi nous attendre, douleurs et doutes, les regards étaient lourds et plein d’émotions ; 3 co-équipiers ont abandonné, leurs blessures ne permettant pas de continuer sur 80 Kms.

A l’aube du 3e jour, le défi était de taille ! Respecter l’horaire, car arriver après 17 heures et c’était la disqualification pour l’équipe. Au 120e km, nous avons déposé une gerbe offerte par la fédération Maginot au cimetière canadien en compagnie du Consul Général de France. Nous avons dù augmenter la cadence en marche forcée pour rattraper le retard pris lors de cette cérémonie.

C’est dans la douleur que nous avons terminé le 3e jour. Rendez-vous à l’infirmerie pour les ¾ de l’équipe, après 40 mn d’attente, nos ampoules ont pu être traitées ! Le 4e jour débuta comme les autres, réveil à 2 h 30, petit déjeuner et préparation du paquetage, dernière mise au point et briefing de départ, petits soins de dernière minute pour nos pieds, à 4 h du matin, c’est le soulagement, les derniers 40 Kms sont devant nous !

Nous ne nous doutons pas de ce qui nous attend���Malgré notre physique et mental solides, les dernières ressources nous les avons trouvées dans le groupe car les douleurs devenaient terribles. La météo nous ayant gâté jusque là, nous ne pouvions quitter la Hollande sans un bel orage. C’est donc sous la pluie que nous effectuons les 12 derniers Kms, sensations agréables au début de l’averse car nos pieds bouillants avaient besoin de cette fraîcheur mais au bout de 15 mn, nos chaussures étaient pleines d’eau, ce qui ajouta un handicap supplémentaire à notre défi.

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Photo Nim��gue, Kamp Heumensoord © ARM Alsace

C’est dans la douleur et les larmes que nous avons fini les derniers mètres. L’équipe a terminé dans les temps sous les regards de l’Ambassadeur et du Consul Général de France qui avaient fait le déplacement pour l’occasion. C’est avec grand honneur et privilège que nous avons été décorés de la médaille royale de marche de  Hollande.

Histoire de Nimègue

La fondation de l’Association néerlandaise pour l’��ducation physique (Nederlandse Bond voor Lichamelijke Opvoeding) a eu lieu le 3 avril 1908. Le premier exploit de cette nouvelle association est l’organisation d’une marche de quatre jours, principalement destinée aux militaires, en 1909. Les marcheurs partent de treize points de départ différents dans le pays. En quatre jours, ils parcourent 140 kilomètres, et ce n’est que le dernier jour qu’ils retournent au lieu de départ. 

306 marcheurs se présentent au départ, ce qui est un nombre beaucoup plus élevé que les 40 participants qui se pr��sentent l’année d’après à Arnhem, seule ville de départ en 1910. Ceux-ci peuvent choisir parmi trois distances comptant 35, 45 ou 55 kilomètres. En 1912, partie de la ville d’Utrecht, la légion de marcheurs, croissant d’année en année, arrive à la caserne « Prins Hendrikkazerne » à Nimègue pour y cantonner. Le quatrième jour aussi, l’arrivée s’effectue sur le terrain de cette caserne C’était apparemment une bonne expérience, puisque l’année suivante, les marcheurs sont de nouveau accueillis à Nimègue les troisième et quatrième jours. Une tradition naît. Cette année-là, il y a bien 143 participants parmi les 151 partants, dont une femme, qui réussissent à achever la marche. Cela amène les organisateurs à alourdir la marche en lui imposant des limites de temps. Dorénavant, il faut terminer les 35 et les 45 kilomètres en moins de douze heures, et les 55 kilomètres en moins de 13 heures ! En 1914 et en 1915, la marche de quatre jours n’a pas lieu à cause de la Grande Guerre. En 1916, la caserne « Kamp Nieuw Milligen », qui se trouve dans le centre des Pays-Bas, fait fonction de point de départ et d’arrivée pour les 152 militaires participants et pour les civils, au nombre de six, qui participent pour la première fois. En 1917, les organisateurs présentent une nouveauté en posant des exigences d’aptitude de combat aux militaires. En effet, moins d’une heure après la marche, ils doivent faire un parcours du combattant long de 800 mètres suivi d’une course de vitesse sur 200 mètres. Seuls ceux qui en étaient capables, selon les organisateurs, méritaient véritablement la Croix des quatre jours tant désirée. En 1918, le départ est à Bois-le-Duc. En 1919, le départ est à Amersfoort où, pour la première fois, une femme se voit épingler la Croix des quatre jours. Elle avait accompli la marche de quatre fois 50 kilomètres. L’année suivante, l’organisation modifie le règlement. Dorénavant, les civils ont le choix entre les marches longues de 45 et de 55 kilomètres, tandis que les militaires peuvent choisir soit de marcher les 40 kilomètres en portant de bagages, soit de marcher les 50 kilomètres sans bagages. Pour les dames, il n’y a pas de choix: elles doivent effectuer la marche de 40 kilomètres. Le départ ainsi que l’arrivée se trouvent à Nimègue où les participants passent la nuit à la caserne de l’infanterie. Le dernier jour, il y a le défilé. Les 428 marcheurs – les dames et les civils marchent en tête – sont accompagnés d’une harmonie militaire. La population leur réserve un accueil festif lorsqu’ils arrivent en ville depuis le pont transbordeur « Zeldenrust ». 

. L’année suivante, c’est la ville d’Amersfoort qui accueille la légion des quatre jours. 44,6 % des marcheurs abandonnent avant l’arrivée. En 1922, la légion retourne à Nimègue. 600 personnes peuvent participer à la marche, alors que 1100 personnes s’étaient inscrites. Tous ces participants sont hébergés à la caserne « Prins Hendrikkazerne ». Pour la première fois, le bal des ampoules, « het Blarenbal », conclut la Marche des quatre jours. En 1923 et en 1924, le départ est à Nimègue, la ligne d’arrivée à Breda. Pour la première fois, les groupes non militaires sont autorisés à participer. En 1925, cette ville impériale qu’est Nimègue est enfin proclamée ville de la Marche des quatre jours. C’est mademoiselle Jongtien, domiciliée à La Haye, qui est la première femme de l’histoire à finir les quatre fois 55 kilomètres. En 1926, c’est monsieur A. van der Goes, capitaine de la cavalerie et habitant à Amersfoort, qui fait date. Il est le premier à obtenir la Croix des quatre jours en or, parce qu’il accomplit la marche pour la dixième fois. Il reçoit également une coupe d’argent, une médaille offerte par le Syndicat d’Initiative, un album et une plaquette en argent. 

Une triste nouvelle en 1927: on déplore pour la première fois le décès d’un participant. Monsieur K. Rozenboom est décédé à la suite d’une insolation attrapée pendant la deuxième journée de la marche. En 1928, année olympique, pour la première fois les personnes extérieures sont autorisées à participer aux marches. La parade des drapeaux, organisée dans la cour de la Prins Hendrikkazerne, fait son apparition. L’Allemagne, la Grande Bretagne, la France et la Norvège sont représentées. Pourtant, le groupe norvégien n’obtient pas la Croix des quatre jours. Car, durant quatre jours, ils marchent comme si c’était une épreuve de vitesse. Chaque jour, ils sont les premiers à arriver, ce que l’organisation, finalement, n’apprécie pas. Durant la marche de l’année 1929, il fait très chaud, raison pour laquelle on fait traverser la Meuse aux participants en utilisant un bateau à vapeur. Le quatrième jour, l’organisation opte pour un parcours de rechange plus ombragé. C’est l’année d’introduction des postes de contrôle. L´année suivante, la commune de Nimègue comprend de plus en plus l’importance de garder pour la ville la Marche des quatre jours. Aussi la commune accorde-t-elle une subvention de 250 florins à l’organisation. En 1931, le budget de l’organisation est de 14.000 florins. Celui-ci se compose d’une subvention de 500 florins et des droits d’inscription des participants. Les marcheurs payent 6,50 florins s’ils optent pour la pension complète ou 2,50 florins sans pension. Plus de 2000 personnes prennent le départ; plus de mille d’entre eux participent à la parade des drapeaux qui a lieu sur le champ de Molenveld, situé derrière la caserne. Après que les hymnes nationaux ont été interprétés et que les drapeaux ont été hissés, il y a la marche de fête des participants traversant le centre-ville de Nimègue Ces cérémonies de clôture ont dû impressionner beaucoup de monde, car, l’année suivante, il y a tant d’inscriptions de civils que leur nombre dépasse celui des militaires. Et monsieur Van Mechelen trouve l’inspiration pour composer son opus 12 « De Vierdaagsche » (La Marche des quatre jours) mieux connu sous le nom de « Het Vierdaagselied » (la chanson de la Marche des quatre jours). Depuis la salle de concert « De Vereeniging », l’association de radio « AVRO » réalise la première émission radiophonique sur la Marche des quatre jours. L’année d’après, Maarten Schakel fait ses débuts. Désormais, il ne devait plus manquer. L’organisation se voit contrainte par la chaleur d’assouplir les heures du départ et de l’arrivée. Pour trois militaires norvégiens, cela n’est pas la peine et, de nouveau, ils marchent comme s’il s’agissait d’une course à pied. Ils finissent par être disqualifiés.
En 1933, monsieur J.N. Breunese écrit dans son journal illustré « De Vierdaagse »:

Les premier et troisième jours, on passe par les villages de Berg en Dal et de Groesbeek. Ce paysage accidenté n’implique sans doute aucun problème pour les Suisses, participant pour la première fois. Cliquez ici pour voir le parcours. En 1934, c’est la première fois qu’une femme obtient la Croix en or pour avoir terminé dix marches de quatre jours. En effet, madame Kley-Vreijenhoek  a accompagné son mari depuis 1925. Près de la petite ville de Cuyk, on construit pour la première fois un pont flottant qui doit être assez solide parce que les militaires sont obligés de porter 17 kilogrammes de bagage, et cela durant quatre jours. La vingt-cinquième Marche en 1935 (cliquez ici pour voir tout le programme!) compte un peu plus de 3000 participants qui – pour la première fois – peuvent se faire juger sur leurs vêtements. Les groupes comptant plus de dix membres peuvent obtenir un beau diplôme d’honneur. En 1936, la traille de Zeldenrust peut se reposer enfin, car, pour la première fois, la légion de promeneurs passe par le pont qui traverse la Waal (de Waalbrug). Il n’y a que 2,29% des promeneurs pour qui de Waalbrug est un pont trop loin. (NDLR : Henk Kersten, auteur du texte néerlandais, réfère ici au film Un pont trop loin réalisé par Richard Attenborough en 1977. En effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce Waalbrug était pris par les alliés, tandis que – pour ces derniers – le pont d’Arnhem se révélait être « un pont trop loin ».)

Le nombre des participants continue à augmenter. En 1937, l’organisation se demande si le parcours n’est pas surchargé quand 4000 personnes prennent la route. Mais selon Son Altesse Royale le prince Bernhard, il n’y a pas de problème. Le campement aménagé sur le Molenveld a tellement grandi qu’il faut déplacer la parade des drapeaux à la place du « Wedren ». Provisoirement, la vingt-neuvième Marche, organisée en 1939, devait se révéler être la dernière. Lorsque l’organisation est en train de préparer la Marche, qui doit avoir lieu du 23 jusqu’au 26 juillet, les troupes allemandes envahissent les Pays-Bas le 10 mai 1940. Le 16 juin, on décide d’annuler la Marche des quatre jours. La ville de Nimègue sera privée de son événement pédestre pendant six ans… 

La ville est durement atteinte par la guerre. Les dégâts sont importants et 2200 habitants sont tués. L’organisation fait quand même plusieurs efforts pour tenir compte des désirs des marcheurs. Ainsi, en 1940, on organise fructueusement une marche de fortune. Malheureusement, on ne peut pas refaire cela en 1941 par suite d’une interdiction d’attroupement nationale. Raison pour laquelle les marcheurs les plus fervents organisent la marche par leurs propres moyens. 

Deux clubs de marche originaires de Nimègue, les « Dubbele Adelaars Nijmegen » et les « Blauwvosjes » font la marche tout de même du 22 jusqu’au 25 juillet. 

Ce n’est qu’en 1946 qu’une marche internationale de quatre jours est organisée. Tandis que d’autres villes guettent leur chance pour se charger de reprendre à leur compte l’organisation de la marche, le comité de l’action pour la marche des quatre jours mobilise la population et l’administration de Nimègue pour mettre tout en œuvre pour garder la Marche des quatre jours dans la ville de Nimègue. Ce comité propose de loger les marcheurs civils chez les habitants et les militaires dans des écoles et des édifices publics. En plus, le conseil municipal est prié d’accorder une subvention rondelette au comité. Ainsi, le 23 juillet 1946, la trentième Marche des quatre jours prend son départ avec plus de 4000 participants. 

Apparemment ayant repris des forces après les ennuis de la guerre, 6776 personnes se présentent l’année suivante pour la marche. Le nombre des participants reste assez stable jusqu’en 1951, mais ce septième lustre attire plus de 9000 marcheurs qui viennent à Nimègue et qui assistent à la première parade des drapeaux au stade « Goffertstadion ». Cette année-ci, l’Association des titulaires de la Croix des quatre jours en or est fondée. Ceux qui ont terminé la Marche dix fois ou plus, peuvent y adhérer. Les ann��es 1953 et 1954 sont placées sous le signe du conflit entre l’association néerlandaise pour l’éducation physique (l’organisateur de la Marche des quatre jours) et l’association néerlandaise de marche, ce qui aboutit à une marche de quatre jours ���� Apeldoorn organisée exactement les mêmes jours que celle de Nimègue. Il se présente quand même plus de 10.000 marcheurs pour une marche de quatre jours pluvieuse à Nimègue. L’année suivante, pour la première fois, il y a bien plus de 10.000 personnes qui réussissent effectivement à franchir la ligne d’arrivée. En 1956, la ville de Nimègue est fêtée. Sous la lumière de milliers de petites lampes dans le centre ville, on fait la fête pour célébrer dix ans de reconstruction après la guerre et quarante ans de Marche des quatre jours. Cela constitue un décor fantastique pour le film 4 x 40, dédié à la Marche des quatre jours qui sera projeté l’année suivante. Le 3 avril 1958, la NBvLO fête son cinquantième anniversaire et obtient le droit de se faire appeler KNBvLO, Association royale néerlandaise pour l’éducation physique. La médaille d’encouragement, épinglée sur la poitrine des jeunes marcheurs depuis 1947, est enfin transformée en vraie Croix des quatre jours en 1961. Le vendredi, la télévision néerlandaise diffuse l’entrée des marcheurs à Nimègue. Cette promotion a pour conséquence que, l’année suivante, 250.000 spectateurs se rassemblent à Nimègue pour assister �� l’entrée des marcheurs. Pour la première fois, les militaires utilisent le camp de « Heumensoord ». L’année suivante, le nombre de militaires est fortement en baisse, sans doute par suite de la situation dans le monde. C’est aussi en 1963 que le président et juge de marche J.N. Breunese disparaît. Il avait été un des organisateurs des Marches depuis l’année 1922. Depuis 1985, son nom est attaché à la « Coupe Breunese ». Le cinquantenaire a lieu en 1966. Il se présente bien 14.764 marcheurs pour la Marche des marches, dans laquelle on peut faire les 55 kilomètres pour la dernière fois. Deux œuvres d’art offertes à l’organisation soulignent ce jubilé. Il s’agit du banc Breunese et de la statue deux marcheurs, sculptée par Vera Tummers-van Hasselt. De nos jours, ces œuvres d’art se trouvent dans le jardin public « Julianapark ».
La marche de l’année 1967 fait date grâce à la participation de Son Altesse Royale le prince Claus des Pays-Bas. En 1968, monsieur A.J. van Dongen est installé juge de marche de la Marche des quatre jours. Cette année-ci, il s’occupe d’un nombre record de participants, s’élevant à presque 17.500 marcheurs. Sans doute, une des raisons pour lesquelles l’administration de la Marche recourt à l’ordinateur dès l’année d’après. En 1970, le comité actif du cœur de la ville de Nimègue organise – pour la première fois – les f��tes d’��té. Et de quel été! En 1972, le premier jour, il fait déjà 32 degrés à Elst. L’après-midi, durant des heures, la température est de 34 degrés. Raison pour laquelle on raccourcit le parcours de toutes les distances de 10 kilomètres, on étend les heures d’arrivée, et on autorise les militaires à faire la Marche sans porter les dix kilos de bagage. 1217 marcheurs ne réussissent pas à arriver à la rue Annastraat. Ce n’est qu’en 1956 qu’un plus grand nombre de participants a échoué. Les années d’après, la Marche attire de plus en plus de monde. Cela a pour conséquence positive que la Marche est mentionnée dans le « Guinness World Records Book » (appelé à l’époque « Guinness Book of Records »). Mais, certaines personnes n’aiment pas les adaptations nécessaires du parcours et non plus le fait que les utilisateurs de fauteuil roulant qui voulaient participer à la Marche, soient refusés. Au départ de la soixantième Marche des quatre jours, en 1976, la légion des marcheurs a encore augmenté et compte plus de 17.000 personnes. L’émission par La Poste néerlandaise du premier timbre dédié à la Marche des quatre jours complète cette fête. Dans le tunnel qui passe sous la gare, l’organisation offre un souvenir à chacun des participants pendant une « réception en plein air ». A partir de 1977, les marcheurs des 50 kilomètres prennent le départ lorsqu’il fait encore nuit. C’est que l’heure d’été a été instaurée. Les femmes, elles aussi, souhaitent parcourir cette distance, mais, malgré leurs protestations en 1978, l’organisation le leur interdit. Il paraît que le comité de la Marche estime que cela est biologiquement irresponsable… En revanche, ce même comité approuve la baisse de l’âge minimum des participants de 13 à 12 ans, ce qui, apparemment, se justife biologiquement ! Ce qui, au contraire, s’avère injustifiable, c’est la participation d’un utilisateur de fauteuil roulant. On lui retire sa licence au bout du premier jour de la Marche en 1979. La soixante-troisième Marche se fait remarquer par les bouchons sur le parcours et par une bombe factice sous la tribune.
Tout cela n’a probablement aucun rapport avec le fait que les femmes soient autorisées à faire la marche de 50 kilomètres. 118 femmes prennent la route pour la distance la plus longue et, finalement, 92 d’entre elles franchissent la ligne d’arrivée. A l’occasion du 65ème anniversaire de la Marche, une parade des drapeaux spéciale est organisée. En effet, le « plus grand chœur de l’Europe », se composant de 1400 membres accompagnés d’un orchestre comptant 500 personnes, exécute « Alle Menschen werden Brüder”. Cela a dû produire un spectacle musical extraordinaire dans le stade Goffertstadion, car, l’année d’après, le spectacle se reproduit. Cette fois-ci, on ex��cute la dite Marche de l’Eurovision, parmi les spécialistes mieux connue comme l’ouverture orchestrale du Te Deum, composée par Marc Antoine Charpentier à l’occasion de la paix de Nimègue en 1678. C’est également la cinquantième parade des drapeaux. Nous ne savons pas si le drapeau du groupe d’action “Is het hier oorlog?” (« C’est la guerre ici? »), portant l’inscription « Ban de Bom! » (« bannis la bombe ! ») faisait partie de la parade. La Marche reçoit son propre glaïeul, au nom bien choisi de « Vierdaagse » (« des quatre jours »), et la rue « Sint Annastraat » est rebaptisée « Via Gladiola » (« Rue des glaïeuls »). Tout cela se passe à l’occasion du 75ème anniversaire de la KNBvLO. Mais la joie de la Marche en 1983 contraste très vivement avec l’atmosphère de la Marche de 1984. Les militants du groupe « C’est la guerre ici? » sont renvoyés de la Marche, et, le jour de l’entrée en ville, il y a l’expulsion des squatters d’une maison à la rue Sint Annastraat, alors que, sous la tribune, une bombe est découverte. Pour comble de malheur, il fait un temps de chien. Heureusement, l’année suivante est plus festive. C’est que madame Mies Klaver-Budding est le premier participant à accomplir la Marche pour la cinquantième fois! L’organisation fait une concession aux usagers de fauteuil roulant qui aimeraient participer à la Marche en leur offrant une marche de quatre jours dans la petite ville de Delden. L’année d’après, il y a deux autres marcheurs qui terminent la Marche pour la cinquantième fois, à savoir madame Annie Berkhout et Cor Pruijser. Entre-temps, Ingrid Bergmans et Hans Daamen se prennent pour époux en entrant dans le village de Mook. quatre ans auparavant, ils s’étaient connus pendant la Marche. En grand apparat, ils entrent dans la ville par la rue Sint Annastraat. En 1987, monsieur Van Dongen, responsable de la Marche, fait ses adieux. Mais il y a encore d’autres changements, tels que l’ouverture de deux voies sur le pont Waalbrug pour les militaires, ainsi que l’installation de l’hôpital de secours de la Croix-Rouge dans le théâtre Stadschouwburg pour les quatre jours de la Marche. En 1988, plus de 30.000 personnes participent à la Marche, parmi lesquelles il y a les premiers citoyens provenant de Pskov, ville russe jumelée à Nimègue. En raison de l’embarras qui se produit de plus en plus au départ et à l’arrivée, des « diplomalopers » (marcheurs s’inscrivant pour une distance réduite et qui n’ambitionnent pas la Croix, mais un diplôme des quatre jours) expérimentent l’utilisation d’un système électronique d’inscription et d’arrivée. Et pour la même raison, la place Wedren est désignée comme lieu de départ et d’arrivée pour les marcheurs des 30 kilomètres. L’année suivante déjà, on quitte cette place sans revêtement pour aller s’installer au parc Julianapark. En 1991, plus de 75.000 personnes s’inscrivent pour participer à la 75ème Marche des quatre jours. C’est un si grand nombre que, l’année suivante, l’organisation expérimente de nouveau l’utilisation du système électronique d’inscription et d’arrivée, et finit par l’introduire pour tous les marcheurs en 1993. Enfin, tous ceux qui, sans cesse, ont incité l’organisation à autoriser les utilisateurs de fauteuil roulant à participer à la Marche, emportent la victoire. En 1995, ce groupe peut prendre part officiellement à la Marche. En récompense, ces participants ne reçoivent pas la Croix des quatre jours, mais la Médaille de la ville de Nimègue. Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres, n’est-ce pas ? En 1996, Annie Berkhout établit un record absolu en terminant sa soixantième Marche des quatre jours. En 1998, la ville de Nimègue accueille son millionième participant. Monsieur De Blécourt a beau terminer sa 60ème Marche en 1999, madame Berkhout garde toujours son record. De nouveau, elle renouvelle son record en 2002 en finissant sa 66ème Marche. Jusqu’aujourd’hui aucun autre marcheur n’a réalisé une performance pareille. Entre-temps, la chaîne commerciale néerlandaise SBS 6 couvre quotidiennement la Marche des quatre jours. En 2004, l’organisation limite le nombre des participants à 45.000 pour l’étendre à 47.500 l’année d’après. L’organisation et le parcours finissent par trouver leurs limites. La 90ème Marche qui a lieu en 2006 ne dure qu’une journée. Par suite des conditions atmosphériques, l’organisation est submergée de demandes de secours et, en fin de compte, deux personnes meurent. C’est la raison pour laquelle on décide d’engager un météorologue et d’effectuer des mesures pour améliorer la sécurité sur le parcours. Droit d’auteur KNBvLO / Henk Kersten, Noviomagus.nl