Étoile Marine Croisières propose désormais dans son catalogue des croisières à bord de La Recouvrance. : Archives Jérôme Fouquet.
Le vent de la crise est passé par là. L’armateur de la goélette La Recouvrance, la Sopab, vient de passer un accord commercial avec la société de Bob Escoffier, Étoile Marine Croisières, basée à Saint-Malo. Les deux armements ont décidé de mettre en commun leurs moyens dans le domaine de la vente à compter du 1er février.
Une certaine discrétion a entouré cet accord conclu pour une durée d’un an. « C’est un accord de fonctionnement interne, c’est la raison pour laquelle nous n’avons pas communiqué à ce sujet », explique Jacques Sévellec, le directeur de la Sopab.
Concrètement, Marc Rohou, responsable commercial de La Recouvrance depuis 11 ans, consacre maintenant une partie de son temps à Étoile Marine Croisières. La Sopab facture les salaires et les charges correspondants à l’armement malouin. De son côté, Étoile Marine Croisières propose désormais dans son catalogue des croisières à bord de La Recouvrance.
Déclic en 2009
Des opérations de marketing communes (mailing, affichage) sont également à l’ordre du jour. « Nous avons toujours eu des rapports très étroits avec Bob Escoffier, indique Jacques Sévellec. L’idée, c’est d’avoir des échanges réguliers au niveau commercial qui nous donnent plus de chances de vendre La Recouvrance. »
Bob Escoffier, fondateur voici 20 ans d’Étoile Marine Croisières, songeait depuis déjà un petit moment à ce rapprochement. « Ensemble, nous sommes plus forts au niveau commercial et promotionnel. Nous faisons aussi quelques économies. Il faut s’inspirer de ce que font nos amis hollandais. »
Aux Pays-Bas, on compte 400 bateaux traditionnels mais seulement trois grosses centrales de réservation. Bob Escoffier espère importer cette logique du « guichet unique »en Bretagne. Que les armements soient privés, associatifs ou para-publics comme celui de La Recouvrance. « Si on ne fait rien, on crèvera tous ! », n’hésite pas à dire Bob Escoffier.
L’année 2009 a servi de déclic. L’absence de grandes fêtes maritimes au calendrier s’est combinée avec la crise économique. D’où des résultats « pas brillants ». « Toute la profession est rudement touchée », souligne Bob Escoffier.
« Volonté de saine gestion »
La Sopab n’a pas les mêmes impératifs de rentabilité que l’armateur malouin. Il n’empêche. Là aussi, on fait ses comptes. Brest Métropole Océane verse chaque année une subvention de 250 000 € qui permet d’équlibrer le budget (500 000 € annuels). La collectivité prend aussi en charge l’entretien du navire.
Difficile de lui demander de faire plus. Surtout en temps de crise. À partir de là, la nécessité d’augmenter les recettes et de diminuer les dépenses s’impose d’elle-même. Outre une mise en commun des forces commerciales, d’autres synergies avec Étoile Marine Croisières sont sans doute imaginables comme l’achat groupé de matériel.
Pour le reste, il n’est nullement question de confier l’exploitation de La Recouvrance à l’armement malouin. « La Recouvrance reste le bateau de la ville de Brest, souligne-t-on à la Sopab. Nous avons simplement une volonté de gestion saine. »
Olivier MÉLENNEC.
source ouest france












